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Le poulailler recomposé

J’avais déjà parlé il y a un peu plus de six mois des difficultés à être une belle-mère bienveillante. Une lectrice m’avait demandé de revenir faire un point au bout de quelques mois, j’ai donc pensé que ce début de printemps était une belle occasion de parler de tous nos poussins et de ce poulailler recomposé que nous sommes en train de créer.

Voici donc le fruit de mon expérience, ce sont les principes que j’essaie d’appliquer au quotidien dans notre famille. Mais n’oubliez pas que chaque famille est différente, faites ce qui vous paraît le mieux pour la situation que vous vivez. J’espère que cela pourra être utile à d’autres belles-mamans poules 🙂

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  • Laissez venir les enfants à nous au lieu d’aller les chercher. C’est peut-être le point qui a été le plus flagrant pendant ces six mois. Pleine de bonne volonté, j’avais envie de faire découvrir des choses à ces enfants de mon conjoint. Or, très souvent, lorsque je propose quelque chose cela termine par un échec. Soit les enfants n’ont pas envie (« voulez vous apprendre le ski ? Oh non bof »), soit l’activité ne leur plait finalement pas (l’accrobranche a terrifié le plus âgé, qui du coup a transmis son angoisse au plus jeune et tout ceci s’est terminé sans grand plaisir). Par contre si je mène ma petite vie de mon côté, je fais mes activités devant eux, je raconte mes expériences, et bien peu à peu, ils s’intéressent et réclament de participer. C’est ainsi que tous les deux sont venus me demander de leur apprendre la couture. J’avais cousu une chaussette à Noël, le plus jeune a voulu en faire une. Puis pour Pâques j’avais fait des poules en feutrine, et cette fois ce sont les deux garçons qui ont voulu en faire une. J’étais vraiment très contente, nous avons passé un beau moment, très paisible.
  • Soutenir le père : j’en avait déjà parlé, mais cela me semble primordial. Ils sont les enfants de notre nouveau conjoint, c’est à lui de faire leur éducation lorsqu’ils sont à la maison. Je laisse donc leur père s’occuper d’eux, je le soutiens lorsqu’il vit un moment un peu difficile, j’essaie de ne pas intervenir, de ne pas venir mettre mon grain de sel, de ranger mon ego. Les pères ont parfois malheureusement l’impression de ne pas être compétents pour s’occuper de leurs enfants (image véhiculée par la société, résidu du divorce, histoire familiale personnelle… les raisons peuvent être nombreuses). Pourtant, en tout cas c’est mon expérience personnelle, les pères peuvent s’en occuper très bien, ils ont des ressources de bienveillance extraordinaire, montrons-leur que nous avons confiance en eux, en leurs capacités à s’occuper de leurs enfants.
  • Privilégier la relation des enfants avec leur père : mon conjoint reçoit ses enfants dans le cadre d’une garde traditionnelle, c’est-à-dire un week-end sur deux, la moitié des vacances scolaires. Il a heureusement la chance de les voir tous les mercredis chez leur grand-mère. Malgré tout c’est peu, très peu. Aussi il est vraiment important à mon sens que les temps où les enfants sont à la maison soient centrés sur les enfants, et leur relation avec leur père. D’ailleurs, mieux les week-ends avec les enfants se passent, plus mon compagnon est ensuite disponible pour notre couple. Il est heureux, sa relation avec ses enfants est sereine. Pour l’instant nous évitons donc d’inviter des couples d’amis que les enfants ne connaissent pas et qui n’ont pas d’enfant, cela n’aurait aucun intérêt pour eux, et leur père serait moins disponible. Nous essayons de nous organiser pour que mon compagnon puisse passer du temps avec ses enfants, et non pas qu’il fasse les courses, la cuisine ou le ménage à ces moments-là. Ou alors, il fait ces activités avec ses enfants, qui en sont fans. J’évite de le solliciter trop, je prévois des activités avec ma fille, je bosse tranquillement dans notre chambre, je m’occupe de moi-même. Si je sens que la cohabitation va être un peu difficile, je prévois des activités de mon côté, je vais voir ma famille, mes copines, comme ça mon compagnon peut vraiment se concentrer sur ses enfants à 100%.
  • Ne pas prévoir trop d’activités : comme je viens de le dire, les enfants viennent peu souvent chez nous. Ils ont donc besoin de temps pour apprivoiser la maison, on rejoint ici les principes de l’éducation lente. Les week-ends qui se passent le mieux sont souvent ceux où nous ne prévoyons rien de particulier, où ils font ce qu’ils veulent, prennent possession de la maison, du jardin, nouent des liens tranquillement avec leur père, avec la lutine ou avec moi-même. Et ça donne des moments de très grande qualité, à faire du potager, du bricolage ou de la cuisine (et la couture !). Les enfants sont sereins, et nous aussi.

La famille recomposée a donc à mon sens surtout besoin de temps, pour que chacun trouve ses repères, que chacun apprivoise les fonctionnements des autres.

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Par quoi remplacer les chocolats du calendrier de l’Avent ?

Aujourd’hui c’est le premier jour de l’Avent. Nous avons installé le calendrier hier. J’ai repris les petites pochettes en feutrine fabriquées l’année dernière, et nous les avons cette fois accrochées à des branches, formant un joli arbre plein de couleurs.calendrier avent fabrication maison feutrine

L’avent est le temps de l’attente. Les enfants vivent le temps de façon concrète (précepte cher à l’éducation lente) par l’ouverture progressive des petites cases du calendrier de l’Avent, jour après jour. Cette attente se vit aussi par les nombreuses activités proposées dans cette période : préparation de gâteaux pour Noël, de cadeaux à offrir, de décorations pour cette fête. Cela me semble important que la décoration de Noël se fasse progressivement tout au long de l’Avent pour ne pas avoir l’impression d’être transporté en un jour dans un magasin de déco, mais bien de construire peu à peu, dans l’attente de la fête, cet univers merveilleux. Lire la suite

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Eloge de l’éducation lente

Je viens de terminer le livre de Joan Domènech Francesch. Ce livre tire son titre de l’Eloge de la lenteur de Carl Honoré et s’inscrit dans les mouvements de la slow life qui naissent un peu partout dans le monde. Il parle essentiellement du cadre de l’école. J’ai résumé ce qui avait plutôt trait à la famille dans cet article.

L’éducation requiert patience, calme et lenteur. Il s’agit là d’une éducation où l’on vise des apprentissages avec compréhension, des apprentissages en profondeur, qu’il serait possible de traduire en terme de compétences. Cela s’oppose à l’ingurgitation du plus de connaissance possible le plus rapidement possible… pour ensuite tout oublier aussi vite ! Lire la suite

6 propositions pour ralentir le rythme dans la famille

Le livre Eloge de l’éducation lente de Joan Domènech Francesch s’adresse de façon générale plutôt à des enseignants dans le cadre de l’école (voir cet article). Mais il donne plusieurs pistes, notamment à la fin de l’ouvrage, pour ralentir le rythme dans la vie familiale, et parvenir à cette vie lente et harmonieuse dont il parle. Voici quelques unes de ses propositions : Lire la suite

L’éducation lente

Le concept d’éducation lente a émergé ces derniers temps. Plusieurs livres sont sortis sur le sujet, je n’ai lu que des critiques de ces livres, et pas encore les textes eux-mêmes car je ne les trouve pas dans mes bibliothèques. Aussi, je me suis formée ma propre conception de l’éducation lente. Pour moi, ce type d’éducation va de pair avec une éducation anti consumériste (mais ce n’est pas très original comme idée si on pense par exemple au concept de slow food). Je vais essayer de raconter plusieurs choses que nous faisons avec ma petite lutine qui me semblent appartenir à ce concept d’une éducation lente. Lire la suite