Fabrication d’un jeu de cartes à conter

Pour l’anniversaire d’une petite fille de 6 ans, nous avons fabriqué un jeu de cartes à conter. Nous avons découpé dans du papier canson un peu épais des cartes de 6×10,5 cm (soit 10 cartes dans une feuille A4). Puis nous avons dessiné avec les crayons aquarellables et les crayons de pastels secs des personnages, objets etc qui nous semblaient en rapport avec l’univers des contes. Voici la liste de ce que nous avons dessiné :

Objets : un arc et son carquois, un grimoire, un violon, une épée, un bateau à voiles, un balai, un coffre

Lieux : un château sur une colline, une montagne enneigée, la mer, une forêt, un chalet dans la nuit, une haute tour Lire la suite

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conte pour épiphanie rois mages

Conte pour une Épiphanie païenne

Nous fêterons l’Épiphanie dimanche. J’ai écrit une petite histoire à raconter sur les rois mages et la galette à la frangipane, d’inspiration plutôt païenne. Pour ceci, je suis partie de l’histoire des petites fées et du bébé soleil, autour du solstice d’hiver, et j’ai ajouté un épisode qui a lieu une demi-lune après le solstice. Bonne lecture !

Télécharger le conte en PDF : Conte-pour-une-Epiphanie-paienne

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La visite des rois mages

Le lendemain de la fête du solstice, les petites fées dormirent longtemps. Quand elles se levèrent, elles admirèrent le bébé soleil dans le ciel. Celui-ci était encore tout petit et bien pâle, mais elles savaient qu’il n’allait pas tarder à grandir et les éclairer plus longtemps chaque jour. Alors, elles commencèrent à attendre.

Une demi-lune après la fête, Islada, la doyenne de la forêt, les fit appeler. Elles s’installèrent autour d’elle, dans la clairière.

« Bonjour petites fées, commença la vieille femme, j’ai une histoire à vous raconter. Cette histoire se déroule il y a très longtemps, lorsque j’étais toute jeune avec des cheveux blonds et une peau douce et brillante. » Les petites fées avaient du mal à imaginer cette vieille femme toute ridée en jolie jeune femme, cela les fit sourire. Mais elles écoutèrent attentivement la suite de l’histoire.

« A cette époque-là, continua Islada, c’était ma grand-mère, Adnaé, qui partait dans les collines recueillir la graine de soleil déposée par le dernier rayon de l’astre du solstice d’hiver. Et comme nous l’avons fait avec vous il y a une demi-lune, nous faisions ensuite une grande fête avec les habitants de la forêt.

Cette année-là, quelques jours après la fête du solstice, je vis arriver dans notre clairière trois hommes, grands, richement vêtus, de noble apparence. Ils arrivaient d’un lointain pays et avaient marché jusqu’à nous dans l’espoir de comprendre la magie du solstice et du retour de l’astre solaire. C’étaient de grands rois dans leurs pays, mais aussi de grands mages disposant de nombreux pouvoirs. Le premier, nommé Gaspard, savait lire les étoiles, et c’est ainsi qu’il avait compris qu’il leur fallait marcher vers l’Est jusqu’à notre forêt. Le deuxième, Balthazar, comprenait le langage des animaux, qui les avaient guidés jusqu’à nous. Le dernier se nommait Melchior, il restait silencieux, mais me regardait avec les yeux plein d’une douceur qui fit rougir la jeune fille que j’étais.

Ma grand-mère écouta leur histoire en silence. Nullement intimidée par la magnificence de leur équipement, elle leur demanda à tous les trois de tendre la main. Elle lut en leurs paumes que ces hommes étaient bons, en quête de savoir pour éclairer leurs sujets et non pour les oppresser.

Alors, elle accepta de leur raconter l’histoire du dernier rayon de soleil et de la graine de laquelle renaissait l’astre chaque année.

Puis, ma grand-mère sortit les restes de la graine du bébé soleil, les deux parties d’une cosse, encore toutes chaudes et auxquelles restaient accrochés quelques filaments dorés et brillants. Elle reprit la parole :

« Voici la cosse d’où est sorti le nouveau soleil de cette année. Je vous l’offre, elle vous réchauffera pendant votre voyage de retour. »

Les trois mages étaient visiblement émerveillés et émus. Melchior la remercia chaleureusement :

« Chère Adnaé, nous ne saurions assez vous remercier pour ce récit et ce présent que vous nous offrez. Laissez moi à mon tour vous donner un cadeau pour marquer notre reconnaissance. » Il fouilla dans ses poches et en ressortit une poignée de fruits secs. « Voici des amandes, reprit-il, un fruit qui pousse dans mon pays. C’est un fruit généreux qui vous nourrira au cœur de l’hiver, en attendant que le soleil réchauffe la terre et fasse pousser les nouvelles récoltes. Nous vous en laisserons les trois sacs que nous avions apportés avec nous. »

Et alors, tous ensemble, habitants de la forêt et mages des pays lointains, préparèrent une galette en forme de soleil, qu’ils garnirent d’une crème fabriquée avec les amandes de Melchior.

Depuis ce jour-là, à chaque demi-lune suivant le solstice d’hiver, un oiseau arrive du lointain pays des rois mages avec une poignée d’amandes dans un petit sachet, et nous fabriquons cette galette des rois, en souvenir de leur visite. »

Les petites fées levèrent la tête et aperçurent dans le ciel un point qui arrivaient vers elles, et grossissait peu à peu. Elles virent que c’était un immense milan royal qui portait en son bec un petit baluchon de tissu. Il se posa près d’elles et déposa son fardeau. Islada le remercia en sifflant  quelques notes.

Les petites fées ouvrirent le morceau de drap et découvrirent des dizaines de graines de forme allongées : les amandes. Elles passèrent l’après-midi dans la clairière avec Islada à confectionner la galette, et le soir, tous se régalèrent autour du feu.

Nos lectures de l’automne

Voici nos lectures préférées de la saison d’automne :

Une nouvelle maison pour la famille souris de Kazuo Iwamura. Le livre ne parle pas explicitement de l’automne, mais les illustrations y font penser. La forêt est dans des tons jaune orangé, les souris font des provisions pour l’hiver. Les livres de la famille souris ne sont plus à présenter tellement ils sont magnifiques, poétiques, simples d’accès pour les enfants. Un vrai plaisir pour tous.

La famille souris et le potiron : l’histoire débute au printemps, lorsque les souris plantent la graine de potiron. Elle se termine à l’automne, lorsqu’elles cueillent le potiron et le cuisinent de mille façons (qui me mettent en appétit à chaque fois). Lire la suite