jouets pédagogie steiner

Comment choisir les jouets ? Quelques éléments de réflexion…

Enfant : 90 % – jouet 10 %

Dans Tout se joue avant 6 ans, le docteur Fitzhugh Dodson donne une équation amusante : si 90% du jeu viennent de l’enfant et 10 % viennent du jouet, c’est un bon jouet. Si c’est l’inverse, ce n’est pas un bon jouet. Il propose de se demander combien d’actions l’enfant peut faire avec le jouet. Il compare ainsi un chien téléguidé avec un jeu de cubes. Pour le chien téléguidé l’enfant doit appuyer sur un bouton (on considère que jeter le chien par la fenêtre ou le désosser ne rentre pas dans ce que les parents attendaient du jouet… 🙂 ), et puis c’est tout, regarder le chien avancer. Pour les cubes, l’enfant peut les empiler, les aligner, construire une cabane, une tour, des barrières, un train etc… Puis tout détruire et recommencer.

Il pourrait être alors facile de penser qu’un jouet d’éveil proposant de nombreuses tâches permettrait de remplir cette équation. Mais c’est un leurre. Souvent, les jouets qui proposent différentes activités (par exemple les cubes d’éveil avec des activités sur chaque face, à l’intérieur etc…) sont trop complexes pour l’enfant qui n’arrive pas à les appréhender quand il a l’âge de jouer avec. Jeannette Toutlemonde, dans son très bel ouvrage inspiré de la pédagogie Montessori intitulé Le quotidien avec mon enfant, rappelle que tout ceci est la marque de « l’ignorance totale de l’esprit d’un tout-petit qui réclame de la simplicité pour s’y retrouver ». Et de toute façon l’enfant ne ferait qu’accomplir ce que le jouet lui demande, donc on serait plutôt à jouet 80% et enfant 20%…

Un jouet qui change de fonction

Un des meilleurs jouets, c’est la boîte en carton. De cabane, elle peut devenir voiture, puis bateau, avion, igloo, sous-marin, robot, île… Le bon jouet doit donc pouvoir revêtir plusieurs fonctions, toujours selon le Docteur Fitzhugh Dodson. C’est la simplicité qui permet la polyvalence.
C’est ainsi que lorsque l’on choisit une poupée pour un enfant, il est préférable de la choisir la plus neutre possible, ne « faisant » rien elle-même. Si une poupée dit « Maman », elle ne pourra être que le bébé de l’enfant. Si elle ne dit rien, elle changera de rôle à l’infini (bébé, mais aussi, frère ou soeur, ami, copain d’école, ou n’importe quel personnage que l’enfant a envie de faire intervenir dans son jeu).

L’arc-en-ciel de Grimm’s est un très bon exemple de cette polyvalence. Il peut être un pont, une maison, une grotte, un bateau, une cachette, un jeu de construction, un arc-en-ciel (!), des marches…

beaux jouets

source : Momes ecompagnie

 La pression du jouet pédagogique

Dans son ouvrage Eloge de l’éducation lente, Joan Domènech Francesch  soutient que tous les jeux ont un esprit pédagogique. En effet, les compétences que développent les petits enfants sont les mathématiques, le langage, les relations, les associations… Or la plupart des jouets permettent ce genre d’utilisation. Manipuler des objets en les alignant, les comparant, les classant, voilà les premières compétences mathématiques d’un enfant, qui se font avec n’importe quels cubes ou morceaux de bois. Faire parler des personnages, se raconter une histoire, nommer des objets, nul besoin d’un ordinateur high tech pour que l’enfant parle, une poupée, des petits personnages suffisent. Interagir avec les autres joueurs, discuter, négocier, comprendre des règles… Ces compétences sociales se mettent en place dès que l’on est dans le jeu, même si celui-ci n’est pas à vocation pédagogique. Aussi, privilégions plutôt des jeux plein de rêve et d’imaginaire et amusants, pour que l’enfant ait envie d’y jouer. Faisons confiance à notre enfant, il a un instinct profond d’apprentissage, il n’a pas besoin d’être guidé (formaté  ?) par des jeux pédagogiques.

Ma petite contribution

Voilà les pros ont parlé 🙂 Pour ma part, j’aime les jouets qui ont une âme. Mais ça veut dire quoi avoir une âme pour un jouet ?

Un jouet qui a une âme est un jouet qui est fabriqué en matériaux nobles, doux, chaleureux, naturels, le bois, le tissu, la laine…jouets en bois

Un jouet qui a une âme a été fabriqué avec amour. Par les parents s’ils ont le temps de bricoler (et peu importent les imperfections, c’est le temps passé et l’amour insufflé qui feront toute l’âme de ce jouet). Par un artisan si vous en trouvez autour de chez vous. On peut également chercher sur les boutiques en ligne de créateurs et artisans (sur little marcket par exemple). Si ni l’un ni l’autre n’est possible, on peut déjà essayer de choisir une entreprise qui fabrique en France ou au moins en Europe (le site jeujoueethique semble adopter cette ligne de conduite). Voici les jouets que nous avons fabriqué ici dans la maison des lutins : un château-fort, un berceau de poupée, un théâtre de marionnettes,un puzzle.

Le château fort en bois fabrication maisonThéâtre de marionnettes en bois fabrication maisonfabrication maison d'un berceau en bois pour poupéeDSCN0282

Un jouet qui a une âme est beau, simple, il fait appel à l’imagination. Il a de belles couleurs, il donne envie de rêver. Il accompagne l’enfant dans le développement de son imagination et de sa créativité. Il ne guide pas l’enfant, ni ne le brime, il vole à ses côtés, il suggère, il le laisse s’épanouir, rêver, raconter.jouets pédagogie steiner

Tout ceci se trouve sur les sites suivants : momes ecompagnie, enfance mirandole, holzspielzeug, hostheimer.

Pour poursuivre la réflexion, vous pouvez lire les ouvrages suivants :

             

Sur internet :

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