écoute active aider son enfant à s'exprimer

L’écoute active : écouter « vraiment » (1ère partie)

J’ai découvert l’écoute active par la lecture du livre Parents efficaces de Thomas Gordon. Ca a été une lecture vraiment révolutionnaire pour moi, ma première lecture vraiment théorique et poussée sur l’éducation bienveillante, celle qui m’a permis de découvrir les outils de la communication non-violente. J’ai ensuite découvert le discours de Faber et Mazlich sur ce sujet, par l’intermédiaire de la formation que suivait mon compagnon, et lu de nombreuses autres ouvrages. Gordon reste cependant mon auteur préféré dans l’explication de cette méthode, sans doute parce que c’est par lui que je l’ai découverte.

L’écoute active consiste à accueillir la parole de l’autre, et à l’encourager. Mais avant de pratiquer la méthode de l’écoute « active », il faut réussir à se placer dans une attitude de réelle écoute, celle que j’appelle l’écoute « vraie », afin de mettre en place un moment de bienveillance propre à libérer la parole parfois fragile et hésitante de l’enfant.

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Ecouter pour de vrai

C’est difficile d’écouter, d’écouter vraiment, de laisser entière la place au « je » de celui qui parle et qui ressent, sans chercher à ramener la conversation à nous, à ce qu’on pense, à ce qu’on ressent face à ce discours, ce qu’on conseille…

Cela paraît simple, et pourtant Thomas Gordon liste une série de 12 réponses typiques des parents (qui au contraire d’une véritable écoute vont rompre la communication et amener l’enfant à se refermer comme une coquille), et quand on la regarde de près, on se rend compte que quasiment systématiquement, nous tombons dans cette liste :

– donner des ordres, commander
– menacer, avertir
– moraliser, faire la leçon
– conseiller, donner des suggestions, des idées
– argumenter, expliquer
– juger, critiquer
– complimenter, être d’accord
– ridiculiser, mettre des étiquettes
– interpréter, diagnostiquer
– consoler, soutenir, rassurer
– enquêter, questionner
– esquiver, distraire, faire de l’humour

Les premières fois que je lisais cette liste, j’étais scandalisée. Quoi ? Il ne faut pas rassurer son enfant ? Il ne faut pas le complimenter ? Ni lui donner des conseils ? Mais alors, je ne remplis pas mon rôle de parent !!!

Puis, en relisant et en pratiquant, j’ai mieux compris. Remplir son rôle de parent, n’est-ce pas répondre au besoin de son enfant ? Lorsqu’un enfant vient me voir en pleurant pour me dire qu’il est triste parce qu’il s’est disputé avec son copain ou sa copine, est-ce qu’il attend : une leçon de morale, des compliments, des arguments ? Il attend qu’on accueille sa tristesse, qu’on l’écoute, qu’on lui dise que son ressenti est valable, qu’on respecte ses sentiments, qu’on écoute ce qu’il a à dire, sans chercher à reprendre la première place. Alors il va falloir d’abord apprendre à se retenir, à ne pas dire ce « moi je » caché juste sur le bout de notre langue Moi je te trouve gentil, Je pense que tu devrais aller le/la voir, Ne pleure pas, tu te feras d’autres amis…

Dans le livre Parents efficaces, Thomas Gordon explique plus longuement en quoi chacune de ces 12 réponses nuit à la libre parole de l’enfant.

Au contraire, si on l’écoute vraiment, avec des phrases comme Vas-y, je t’écoute. Raconte-moi. Veux-tu m’en parler ? l’enfant se sentira accueilli, respecté, ce qu’il ressent n’est pas nié, il peut l’exprimer.

Pour bien comprendre cette nécessité d’accueillir la parole de l’enfant à part entière, il suffit de penser à nos propres besoins de parole. Ne trouvez-vous pas énervant que lorsque vous racontez votre journée pourrie au boulot, votre interlocuteur vous dise Tu devrais faire ceci… Je trouve que pourtant tu es vraiment forte, tu ne devrais pas te laisser perturber par ce genre de choses… T’inquiète pas c’est rien, ça va passer… Quand on parle, on n’a pas envie que ce que l’on ressent soit minimisé, qu’on nous donne des conseils, voire qu’on nous fasse passer pour un(e) idiot(e). On a envie d’une seule chose : être écouté !

Tout ceci réclame d’être dans une attitude vraiment consciente lorsque l’on veut écouter son enfant, pour éviter de retomber dans les schémas de réponse traditionnels, tels qu’on a pu toujours les entendre et les pratiquer peut-être. Encore une fois, nous sommes sur la voie de l’éducation consciente.

Pour aller plus loin dans l’écoute de son enfant (et de toute autre personne ayant besoin d’être écoutée), Thomas Gordon explique la méthode de l’écoute active. J’en parlerai dans la deuxième partie de cet article d’ici à quelques jours.

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3 réflexions sur “L’écoute active : écouter « vraiment » (1ère partie)

  1. valsita dit :

    Merci pour ces explications très claires. Cette liste fait penser aux 6 attitudes d’elias porter ( je ne sais pas qui s’est inspiré de qui?) juger, conseiller, enquêter, soutenir, interpréter, comprendre

    • Adeline dit :

      J’ai cherché leurs dates de naissance, elles sont assez proches… De toute façon au XXème siècle ils sont nombreux à s’être influencés les uns les autres dans cette direction, tant mieux pour nous ! Je ne connaissais pas cet auteur, je vais voir si je trouve un de ses bouquins…

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