L’éducation consciente : prendre conscience de ce que je suis

Dans les concepts qui me tiennent à coeur, il y a celui d’éducation consciente. C’est une expression que j’ai rencontrée sur internet, avec ce site : awareparenting. Puis la lecture d’Isabelle Filliozat m’a permis d’approfondir ces idées et d’en faire ma propre conception.

Il s’agit d’abord d’apprendre à se connaître comme parent, et pour ceci, remonter à sa propre éducation. Je remercie mes parents pour l’éducation qu’ils m’ont donnée, je pense que j’ai eu beaucoup de chance et qu’ils ont semé en moi de nombreuses graines qui se développent petit à petit ou au moment opportun. Cependant, je ne m’identifie pas totalement à l’éducation que j’ai reçue. DSCN1708C’est celle qui correspondait à leur identité d’adulte, dans la famille particulière qui était la nôtre. Elle ne correspond pas nécessairement à l’adulte que je suis et à la famille que je construis. Il me faut donc démêler en moi ce qui est de moi, c’est-à-dire ce qui correspond réellement à la personne que je suis, et ce qui est entré en moi en provenance de mes parents, souvent de façon inconsciente. Par exemple, j’ai dans mon vocabulaire des expressions toutes faites qui me viennent de ma mère. Lorsque je les prononce, je répète ce que j’ai entendu. Elles ne m’appartiennent donc pas. J’en prends conscience, et je sais reconnaître leur provenance. Il ne s’agit pas alors forcément de rejeter en bloc ce qui vient de l’extérieur, mais bien de prendre conscience de l’origine de certaines de nos réactions ou paroles. Ensuite, en toute conscience (je répète le mot sciemment), je décide ou non de garder ces éléments.

Dans ce qui provient de l’extérieur, il y a aussi tout ce que la société m’inculque, tout ce qui s’infiltre en moi insidieusement. C’est pour moi quelque chose de plus difficile à mettre à distance car cette influence est quotidienne, permanente. L’image de la réussite par l’argent, du besoin de consommation, du fait que la qualité du parent se mesure au prix des cadeaux offerts. Régulièrement, j’ai des petites crises du type « je n’offre pas assez de choses à petite lutine, elle aurait besoin de ce ça ça et encore ça ». Et puis je souffle un bon coup, je prends conscience que je viens de céder à une crise de boulimie imposée par la société de consommation et je ferme tous les sites de vente que j’avais ouverts (c’est l’avantage de vivre à la campagne loin de tout, ça met une temporalité plus grande dans les achats).

Ensuite, il y a en moi certaines blessures, dues à la vie, aux interactions avec les autres, à ce dont j’ai été témoin et qui m’a choquée. Ce sont mes blessures, mes peurs, je dois en prendre conscience afin de ne pas les faire porter à ma fille. Isabelle Filliozat parle de soigner l’enfant intérieur qui est en nous, de lui parler avec bienveillance, de reconnaître la souffrance dont cet enfant a été victime a une époque de sa vie, de lui dire « je t’ai entendu, je comprends ta peine », afin non pas de s’en libérer, mais d’en être soulagé, de ne pas vivre cette souffrance comme un parasite. J’ai eu des difficultés à trouver ma place au collège, mais il n’y a aucune raison pour que ma fille vive la même chose, je ne dois donc pas m’angoisser pour ceci.

Pour finir sur une note plus concrète, j’applique cette notion de conscience chaque fois que je pose un interdit. L’enfant a besoin de limites pour grandir mais ces limites doivent avoir du sens pour le parent. On ne pose pas des limites juste par principe parce qu’il en faut. Thomas Gordon recommande de définir quel est notre cercle de tolérance, sachant que comme nous sommes des êtres humains vivants et émotionnellement mouvants, nous avons le droit d’avoir un cercle de tolérance mouvant. Donc, lorsque je pose un interdit, je me demande toujours pourquoi je le fais. Suis-je réellement gênée par cette action de mon enfant ? Est-ce que je trouve cela dangereux pour lui ?
DSCN1706Je me souviens lorsque Petite Lutine a eu un an, nous avons emménagé dans un appartement en rez-de-jardin. C’était la première fois que nous avions un accès libre à un jardin. Elle se déplaçait seule et a donc filé directement dans des vieilles plates-bandes moches pour faire des trous dans la terre. En voyant ses mains sales, mon premier réflexe a été de lui interdire de continuer de gratouiller dans la terre, avec dans la tête la phrase toute faite si souvent entendue partout : « Touche pas, c’est sale ! ». Et puis je me suis demandé quel était l’intérêt d’interdire cela. Ne trouvant pas de réponse, je l’ai autorisée à continuer.

L’éducation consciente peut sembler une vraie prise de tête vue de l’extérieur, mais je trouve au contraire que c’est une libération. L’acte éducatif est saisi avec liberté puisque le sujet éduquant a pleinement conscience des raisons de son choix.

Toute cette réflexion peut sembler assez narcissique puisqu’on s’interroge beaucoup sur soi et on parle beaucoup de soi en tant que parent. Vous me direz, où est la place de l’enfant ? Bien sûr, l’enfant est au centre de toute démarche éducative. Cependant, cette prise de conscience sur soi-même est une étape indispensable pour pouvoir se mettre ensuite à l’écoute de son enfant correctement, sans que l’écoute portée soit faussée par son propre passé ou ses propres peurs.

Cet article constitue ma première participation aux jeudis de l’éducation (avec trois heures d’avance, je sais, mais demain je n’aurai pas le temps de publier !!). Les autres participants ont traité les sujets suivants : l’importance du brossage de dents avec une sélection de livres jeunesse par le blog Wondermomes, Comment réagir quand ils s’enfuient dans les magasins par le blog Papa blogueur, le récit d’une fin de cododo et la découverte d’une nouvelle autonomie chez Vivi-mams31, les dix phrases qui poussent nos enfants vers l’obésité chez Drôle de Maman, Encourager et valoriser son enfant chez Maman Mammouth, la journée de la gentillesse chez Fannyfans, faire boire de l’eau à son bébé chez Poucelimama.

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15 réflexions sur “L’éducation consciente : prendre conscience de ce que je suis

  1. wondermomes dit :

    Article très intéressant qui présente une démarche que mon mari fait très souvent et que je m’attache à faire également 😉 Merci pour ta participation !

    • Adeline dit :

      Tu as bien fait de me signaler ton article, j’en avais oublié deux qui sont arrivés un peu plus tard que ma mise à jour. Comme ça, l’oubli est réparé !
      Et oui, à jeudi prochain ! 🙂

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