album-rebecca-dautremer

Le livre qui vole

J’aime beaucoup Rébecca Dautremer, ses illustrations sont pleines d’une fantaisie qui me laisse rêveuse. Ici, elle illustre une très jolie histoire de Pierre Laury.

C’est l’histoire d’un petit livre qui tombe du cartable de Marion sur le chemin de l’école, à cause d’un coup de vent polisson. Le livre va visiter le nid d’une pie et de ses oisillons. Les petits oiseaux sont étonnés par l’histoire que renferme le livre : Icare, cet homme qui a réussi à s’envoler. Alors, encouragés par cet exemple, tous, livre et oisillons s’envolent dans le vent. Le livre échoue maintenant dans une montgolfière avec un vieil homme. Le vent, désireux de se racheter, pousse la montgolfière jusqu’au dessus de la cour de l’école de Marion, et le vieil homme peut rendre le livre à sa propriétaire.album-jeunesse-poesie-lecture

Cette histoire est pleine de tendresse et joue avec le pouvoir évocateur des mots et de la nature. J’ai beaucoup aimé toutes ces petites lettres qui s’échappent du livre et volent dans le vent.album-rebecca-dautremer

L’histoire est de longueur moyenne et accessible à partir d’environ 4 ou 5 ans.

lanternes papier mâché feuilles mortes décorations automne

Lanternes d’automne en papier mâché

Voici nos jolies lanternes d’automne. Nous avions gardé de nombreuses feuilles aux couleurs chaudes d’automne, mises à sécher soigneusement entre les pages d’un gros livre de cuisine. En les ressortant mercredi dernier, nous nous sommes demandé quoi en faire. Or il me semblait avoir aperçu sur pinterest de très jolies lanternes en papier mâché avec des feuilles d’arbres comme motifs. Voici donc ce que nous avons fait :

Matériel nécessaire :

– farine
– eau
– papier de soie Lire la suite

fabriquer panier en saule avec enfant explications

Décorations d’automne avec du saule

Nous nous sommes mises à la vannerie avec la lutine, histoire de décorer un peu notre intérieur aux couleurs de l’automne. En plus nous avons un saule dont les tiges ont une magnifique couleur rouge orangé ce qui donne de jolis dégradés. L’autre saule est de couleur plus classique jaune.

Pour les couronnes en saule, j’enroule une première branche sur elle-même, puis la lutine en enroule à son tour une ou deux. C’est assez difficile pour les petites mains malgré tout.

Ensuite, nous sommes allées ramasser cynorhodons, fleurs d’aubépine dans la nature et physalis dans notre jardin que nous avons piqué à travers la couronne tressée. Cette partie là de la réalisation est plutôt facile pour les enfants (il faut juste faire attention aux petites épines des branchettes).

couronne automne

Nous avons ensuite réalisé notre premier petit panier. Pour ceci, nous avons suivi les indications du très beau livre Jouets de plantes aux éditions Plume de carotte (en plus c’est top il est sorti en poche !).

jouets-de-plantes       

C’était un modèle pour faire un petit panier en jonc, que nous avons donc fait avec du saule. Le résultat est par conséquent moins serré, mais c’est joli quand même. Voici les différentes étapes de fabrication :

  • faire une tresse avec trois beaux brins. Nouer chaque extrémité (nous avons fait des nœuds avec de la laine que nous avons enlevés ensuite).
  • Passer environ 20 brins de même longueur dans les entrelacs de la tresse, côte à côte, à mi distance des deux extrémités.
  • Nouer ces 20 brins à leurs deux extrémités (nous l’avons aussi fait avec de la laine, qui cette fois est destinée à rester car je trouve trop difficile de faire les liens avec du saule).tutoriel panier osier
  • Puis on réunit les deux extrémité de la tresse initiale, ce qui oblige le panier à s’arrondir et lui donne sa forme.
  • Ensuite on attache ces deux parties de tresse pour former l’anse. Cette fois-ci j’ai réussi un joli lien avec le saule, donc j’ai pu couper mes attaches en laine.
  • Et voilà notre premier panier !fabriquer panier en saule avec enfant explications
enfant pleine conscience nature

Comment les enfants nous apprennent à vivre en pleine conscience

Un enfant vit totalement dans le présent. Hic et nunc, ici et maintenant. Ici car jamais il ne se préoccupe de ses messages, de ses réseaux sociaux et de ce monde entier avec qui nous sommes en lien perpétuel et qui nous empêche d’avoir la tête au même endroit que nos deux pieds. Maintenant car pour lui, pas de projections intempestives dans le futur, pas de rumination sur le passé. Le petit enfant vit dans l’instant présent et jouit de tout ce qui l’entoure.

Vivre avec un enfant est très stimulant pour qui s’intéresse à la pleine conscience, à cette conscience de l’instant présent qui nous propose d’être attentif à ce qui est, ici et maintenant. Le petit enfant s’avère un véritable maître en pleine conscience. Eckart Tollé a écrit un livre sur comment mettre en pratique le pouvoir de l’instant présent, Jon Kabat-Zin, Christophe André publient eux aussi de nombreux livres sur les pratiques de pleine conscience. Mais qui a un enfant n’a pas besoin de livres ou d’exercices, il lui suffit de suivre le modèle de son petit maître en pleine conscience. Voici quelques exemples de ces moments où l’exemple de l’enfant nous guide dans cette recherche :

  • pendant une promenade : l’enfant regarde autour de lui, admire un caillou, observe une feuille morte. Il joue avec le vent qui souffle, il respire l’odeur de fumée, il jouit du plaisir que lui donne une course. Son esprit est en lien total avec ses sensations, lesquelles sont totalement concentrées sur le monde qui l’entoure et sur son propre corps. A nous d’essayer de nous reconnecter au monde environnant direct et à nos sensations, (et pour ceci à nous déconnecter de l’univers digital) à observer, respirer. Gardons sans cesse un œil sur l’enfant, et chaque fois que nos pensées s’égarent sur le linge qui s’empile, les dossiers qui s’entassent, ramenons notre esprit à la beauté de l’instant, de la feuille, du caillou, respirons avec l’enfant.enfant pleine conscience nature
  • pendant un repas : l’enfant goûte, tripote, patouille, recrache. Certes son comportement ne satisfait pas toujours les règles sociales de tenue à table, mais au moins il est là, pleinement là, à ce qu’il mange. Alors que l’adulte engloutit un repas à peine mâché en se souciant de ses mails en retard et en racontant ses soucis, l’enfant s’amuse avec le morceau de pomme de terre. Si comme lui nous prêtons attention au contenu de notre assiette, aux sensations de la nourriture dans notre bouche, à celle de la déglutition, nous mangerons en pleine conscience (et aurons certainement bien moins de soucis de digestion !).
  • pendant un acte simple du quotidien : Eckart Tollé, dans son livre Mettre en pratique le pouvoir de l’instant présent propose un petit exercice  à la page 21 :

    « Lorsque vous vous lavez les mains, prenez plaisir à toutes les perceptions sensuelles qui accompagnent ce geste  : le bruit et la sensation de l’eau sur la peau, le mouvement de vos mains, l’odeur du savon, ainsi de suite. »

    En lisant ces quelques lignes, on imagine exactement l’enfant en  train de faire tout cela et de profiter pleinement de ce moment du lavage de mains. A nous de savoir vivre chaque petit moment du quotidien avec le regard de notre enfant.

Cette façon de regarder l’enfant nous aide aussi à redonner toute sa valeur au temps de l’enfance, et à lâcher prise. Tout le monde sera gagnant : l’adulte qui vivra dans une plus grande conscience de l’instant présent, et l’enfant, à qui on ne volera plus ce temps présent en le houspillant pour qu’il se hâte.

tarte-dragon

Entrer dans l’automne en fête

L’automne est synonyme de l’abondance, des récoltes de fruits et légumes, de provisions pour l’hiver. Nous entreposons les bocaux fabriqués tout au long de l’été dans le buffet, nous conservons les fruits dans le cellier. C’est l’occasion de célébrer et de remercier la nature pour les dons qu’elle nous offre si généreusement.

Cette célébration se fait tout naturellement avec les petits autour de la table de nature.

Quelques fêtes jalonnent le début de l’automne et permettent de fêter tout à la fois cette abondance, mais aussi le déclin de la lumière et le commencement du repliement sur soi-même et son intériorité.

Comme à la maison nous sommes gourmands et aimons cuisiner, nous célébrons bien souvent ces fêtes par des recettes de cuisine.

Nous avons commencé par le solstice d’automne. Après avoir installé la fée de l’automne sur la table des saisons, nous avons dégusté une belle tarte un peu rustique aux pommes, avec une pâte de blé complet et sarrasin : un régal.

tarte-dragon

La tarte-dragon de la Saint Martin

Emballés par cette première réussite, nous avons réitéré pour la Saint Michel. Le blog Chant des fées nous a proposé une très intéressante analyse de l’archétype du dragon. Sa lecture m’a donné envie de faire quelque chose pour cette célébration pour laquelle je n’avais jusqu’à présent que peu d’intérêt.dessin-dragon-crayons-aquarellables

Nous avons donc cuisiné une nouvelle dessin-dragontarte, et joué sur le contraste pommes quetches pour dessiner un dragon. Puis nous avons dessiné aux crayons aquarellables et à l’encre sur le thème du dragon. Nous avons lu le magnifique livre Dragons de Jackie Morris (qui nous avait servi d’inspiration pour nos dessins). Enfin le soir dans le lit, pour notre rituel de « yoga du soir », j’ai raconté à la lutine le thème du dragon tel que le présente Monique dans l’article cité. Nous avons ensuite fait une petite méditation ayant pour thème la descente dans notre cœur, bien au chaud, comme dans une grotte secrète, avec un feu pour nous réchauffer pendant que nous nous reposons et nous concentrons sur nous -mêmes, dans l’obscurité, une obscurité bienfaisante et apaisante. C’est un bel automne qui commence…dragons-jackie-morrisdragons-jackie-morris-interieur

colchique

Balades et récoltes d’automne

Le soleil s’abaisse sur l’horizon, la lumière rasante illumine la campagne de douces couleurs. Nos balades se font fraîches, douces. Nous glanons le maïs et le décortiquons pour nos poules, nous mangeons les dernières mûres avec une petite grimace car elles sont acides, nouschampignon observons les églantiers, les touchons du bout du doigt pour éprouver leur maturité. Il faudra attendre la première gelée pour les ramasser. Nous cueillons quelques baies d’aubépine dont le rouge carmin viendra illuminer notre table de nature. En batifolant dans un pré, nous découvrons des colchiques aux pétales d’un mauve délicat entre lesquels on découvre des étamines couvertes d’un pollen dont le orange rappelle celui du soleil couchant. Un peu plus loin se dresse fièrement un beau champignon. La cloche sonne doucement à l’église du village nous rappelant qu’il est temps de rentrer, d’aller mettre une soupe sur le feu, une tarte dans le four, de lire, douillettement installés au coin du feu, nos livres préférés d’automne, ceux qui parlent eux aussi de récoltes et de balades, dont les illustrations jouent dans les tons de jaunes et de orange, d’ocres et de bruns…admirer-coucher-de-soleil colchique

voyager à vélo avec enfants cyclotourisme

Notre rando à vélo : la préparation

Nous revenons de deux jours de rando à vélo avec la lutine. C’était vraiment super, je crois qu’elle a adoré, elle n’a fait que bavarder et chanter sur le vélo derrière moi (pendant que je soufflais et transpirais😀 . Voici quelques articles pour vous raconter nos aventures, et d’abord, la préparation de la rando.

L’itinéraire : J’ai choisi de pédaler le long d’un canal, afin d’être sur du plat. Je ne suis pas très sportive et je tire 40kgs donc du plat, c’est très bien ! Notre itinéraire faisait 30 kms par jour. Cela permet de pédaler tranquillement, d’arriver en début d’après-midi au camping, et de profiter de la baignade et des jeux pour enfants. J’ai bien bossé mon itinéraire avec les sites sur les véloroute, puis emporté une carte au 50 000e qui tout à fait assez précise et détaillée. J’ai choisi de partir un week-end où mon compagnon était disponible et pouvait venir à notre secours immédiatement en cas de besoin. Ça m’a permis de partir vraiment l’esprit tranquille (et de ne pas emporter de matos de réparation de vélo, que de toute façon je ne sais pas très bien utiliser, mais heureusement il n’y a eu aucun problème).voyager à vélo avec enfants cyclotourisme

Le matériel, vaste sujet, beaucoup de réflexions, de calculs, de compromis. Voici ce que nous avons emporté :

Le couchage

      • une tente golite Shangri-la 5 : très grande, pour 5 personnes, haute (1.8m sous le mat), légère, 2.5 kgs, elle m’a coûté cher, mais je l’utilise tout le temps. Malheureusement elle n’est plus en vente en France. Sur le site Arklight design, où je l’avais achetée il y a 5 ans, on en trouve d’autres légères et pratiques, certainement aussi bien.
      • un matelas thermarest Z-lite : il est super pratique, il se plie en accordéon, et du coup je peux le plier en deux facilement pour la lutine qui a du coup un double matelas, bien plus confortable.
      • une couverture polaire : elle me sert à augmenter encore le matelas de la lutine, mais aussi en journée à s’asseoir pour pique niquer ou à m’étendre pour la sieste, et en cas de grand froid soudain, elle pourrait aussi être utile.
      • un matelas auto-gonflant décathlon pour moi.
      • un duvet chacune, de chez décathlon.
      • le doudou !
      • une lampe de poche
      • un pyjama chaud chacune
      • On se sert de notre polaire comme oreiller.
      • un livre pour moi (Istanbul de Orhan Pamuk), mais très sincèrement, je n’ai quasiment pas lu

Les repas

Nous avons fait le choix de ne pas emporter le réchaud. C’était trop lourd. J’ai choisi de n’emporter que les repas de midi et les petits-déjeuners, et de faire le repas du soir dans les petites guinguettes des campings. Comme ça c’est un peu la fête, on mange chaud et copieusement.

  • un opinel
  • une popotte (casserole et son couvercle qui font deux assiettes, deux petites fourchettes et 2 cuillères)

Deux repas de midi :

  • du pain complet maison
  • une boîte de maquereaux
  • un pâté végétal
  • 2 tomates (1er jour)
  • 2 pommes (2ème jour)

Deux petits déjeuners

  • un sachet de 500g de muesli
  • 4 compotes
  • 2 bouteilles de 250ml de lait

Les provisions pour la route

  • un gros sachet de fruits secs
  • 6 biscuits à la pomme
  • une bouteille d’eau dans le porte-bidon, et une autre dans les sacoches.

Vêtements / toilette / secours

  • Une tenue de sport  chacune : short (assez long); tee-shirt micro fibres à manches courtes (mais qui arrivent quand même aux coudes, ça protège mieux du soleil)
  • une tenue pour le soir chacune : pantacourt, tee-shirt, polaire
  • maillots de bain
  • chapeaux à larges bords
  • des lunettes de soleil
  • la crème solaire
  • vestes de pluie
  • trousse de toilettes : un shampoing/gel douche, des mini-dentifrices offerts à la pharmacie, les brosses à dents, un mini tube de crème hydratante marque marilou
  • deux serviettes de toilette
  • trousse de secours : doliprane pour enfants, pansements, désinfectant, crème pour bosses, tire-tiques.
  • téléphone bien chargé

Pour le voyage

      • casques
      • pompe à vélo
      • la carte
      • appareil photo
      • deux sacoches arrières étanches de marque Vaude
      • un sac étanche de grande taille dans lequel je range la tente, et un des matelas (sac de marque vaude je crois, mais rien n’est écrit dessus, donc je ne sais plus…)
      • deux vélos dont le mien avec porte-bagages.
      • un follow-me : c’est un système qui permet d’attacher facilement le vélo de l’enfant à celui de l’adulte. Ce système d’attache est certes plus cher que les simples barres de traction, mais présente de gros avantages : le vélo de l’enfant est bien droit et dans l’axe du vélo de l’adulte (et pas tout penché comme avec les barres simples), on peut le détacher dès que l’enfant a envie de pédaler en autonomie, et replier le follow me sur le vélo de l’adulte (contrairement aux vélo troisième roue par exemple). Le vélo de l’enfant s’attache et se détache très facilement.
      • petit porte-monnaie avec : carte d’identité, un peu de liquide (attention certains campings ne prennent pas la CB), la CB.

Ce qui m’a manqué :

  • une sacoche avant, pour avoir tout le petit matériel à portée de main (appareil photo téléphone, portefeuille, fruits secs, biscuits, crème solaire)

Je crois ne rien avoir oublié de ce qui était sur nos vélos. Si vous avez des questions, n’hésitez pas.

écrire poésie enfants maternelle primaire

Lire et écrire de la poésie avec ses enfants

En ce moment, la lutine est attentive à tout ce qui rime. Elle les entend dans les phrases du quotidien (« Il faut racheter du pain pour demain » « Maman ! ça rime ! »), elle essaie d’en faire elle-même. Elle est également très sensible aux poèmes et aux paroles de chansons. Alors nous parlons, lisons, écrivons de la poésie, et nous nous amusons beaucoup.

La poésie est difficile à définir. La définition classique serait de dire que la poésie ce sont des vers et des rimes. Mais alors d’une part cela exclut certains poèmes, en prose par exemple, et d’autres part cela oblige à inclure dans la poésie le théâtre en vers (Tartuffe de Molière est écrit en vers !) ou les romans médiévaux.

Paul Claudel n’hésitait pas à donner une définition très large de la poésie, écrivant « Partout où il y a langage, partout où il y a des mots, il y a poésie à l’état latent ».

Cet état poétique latent du langage s’exprime particulièrement chez les enfants. En effet, ceux-ci ont un rapport au langage et au monde neuf, plein d’imaginaire et de spontanéité. Pensez à ces petites phrases devant lesquelles tous s’extasient. Il s’agit là d’une ébauche de poésie. Je me rappelle la lutine me disant un jour en écoutant la cigale dans un CD sur les bruits des animaux : « Maman, avant je croyais que c’étaient les étoiles qui chantaient ». L’enfant est perpétuellement émerveillé face au monde, de même que le poète.

Voici quelques idées pour lire et écrire de la poésie avec les enfants, même ceux qui ne savent pas écrire (le parent fait le scripteur). Les poèmes sont parfois difficiles, les enfants ne comprennent pas tout, mais ce n’est pas grave, ils écoutent la musique des mots, ils rêvent à la magie des images (à la fin de la page, j’ai joint un document rassemblant les poèmes cités dans l’article)

  • Les fables : En ce moment la lutine est grande amatrice des fables de La Fontaine. Nous avons un magnifique livre illustré de gravures anciennes, ainsi qu’un CD sur lequel les fables sont lues. Elle me demande aussi souvent de réciter celles que je sais (rien de glorieux, passé le Corbeau et la Cigale, je ne me rappelle de rien, mais ça donne très envie d’en apprendre d’autres !). Les fables préférées de la lutine sont : Le Corbeau et le Renard, Le Renard et la Cigogne, La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, Le lièvre et la tortue, La mouche du coche, Le héron. Nous jouons à les dire ensemble en exagérant la prononciation et le ton, prenant une voix mielleuse pour le renard, un ton dédaigneux pour le héron. C’est vraiment rigolo.

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  • La poésie révèle la musique du langage

Le poète utilise les sons de la langue pour faire chanter les mots. Pensez par exemple à Rimbaud qui écrit dans le poème « Roman » au sujet d’une jeune fille se promenant en ville sous le regard du poète amoureux

« Tout en trottant de ses petites bottines ».

Faites entendre à l’enfant les sonorités, et imitez avec vos pieds le bruits des bottines.

A lire : Soleils couchants et Chanson d’automne de Paul Verlaine.

Activité : chercher des sons qui peuvent imiter le vent, le serpent, la pluie…, puis faites une liste de mots contenant ces mots. (par exemple pour le vent : le son [f] et les mots « feuille » « souffle » « froid » « fort » etc…) Chercher ensuite comment assembler ces mots.

Le poète n’hésite pas aussi à inventer des mots, qui n’ont du sens que grâce à leurs sonorités. L’exemple le plus célèbre est « Le Grand combat » d’Henri Michaux. Voici les premiers vers :

Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;

Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ;

Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;

Il le tocarde et le marmine,

Le manage rape à ri et ripe à ra.

Enfin il l’écorcobalisse.

Activité : Imaginez une situation avec votre enfant, et amusez vous à inventer des mots. Par exemple les bruits d’une basse-cour, ou encore les bruits de la forêt (le ruisseau qui gloutàgloute sur les moullimes)

 

  • La langue poétique est toujours à l’écart de la langue commune

Le poète trouve des images. Les images permettent d’enchanter le monde, car elles le font rentrer dans l’imaginaire. Pensons au début du poème « Zone » d’Apollinaire

Bergère ô tour Eiffel

Le troupeau des ponts bêle ce matin

L’image de la Tour Eiffel en bergère qui surveille son troupeau de moutons-ponts est surprenante et donc a une grande force poétique. Nos enfants qui aiment tant à dire « on dirait que… » peuvent être plein d’imagination pour construire des images poétiques. Il suffit de les aider à se lancer sans crainte dans l’imaginaire.

A lire : La Bicyclette de Jacques Réda

Activité : S’amuser à donner vie à des animaux, des végétaux, à en faire des images inhabituelles. La lutine est très habile avec cet imaginaire, bien plus que moi. Je pense qu’elle sait mieux laisser la bride à son imagination, et ne se soucie pas de rationalité.écrire poésie enfants maternelle primaire écrire poésie pluie

Activité : On peut aussi lire des poèmes et dessiner ce qu’ils nous évoquent. Pour ceci par exemple, on peut lire par exemple « Ponts » de Rimbaud.

Activité pour les plus grands : Parfois en grandissant, on a plus de difficulté à associer des mots de façon originale, à quitter cette fameuse rationalité. Voici un petit exercice qui peut aider. Lire aux enfants une série de poèmes (par exemple dans une anthologie de la poésie du XXème, j’aime bien celle-ci). Les enfants/ados/adultes écrivent tous les mots qui leur plaisent dans les trois premières colonnes d’un tableau à 4 colonnes. Quand tout le monde a rempli au moins 4 lignes, on lit une liste de verbes usuels, les écrivains recopient ceux qui leur plaisent dans la 4ème colonne. Puis, ils essaient de créer un vers par ligne du tableau en utilisant les 4 mots écrits. Pour les associer, on peut utiliser le complément du nom (exemple avec ma première colonne : « la fontaine des pleurs » « les pleurs du soleil » « le soleil de la fontaine » « la fontaine du soleil »), on s’amuse à manipuler les mots dans tous les sens, à essayer différentes associations, on ajoute des adjectifs, et peu à peu, on découvre la magie des associations inattendues, et leur force poétique.

Voici un petit exemple que j’ai fait rapidement pour illustrer cette activité :

fontaine pleurs Soleil Regarder
roses buffet Chant Boire
tendresse châtaignier Merveille Marcher
aube douceur cœur écouter

Le soleil regarde les pleurs de la fontaine

Il boit le chant des roses qui s’échappent d’un vieux buffet.

Le châtaignier marche avec tendresse vers cette merveille

Dès l’aube, il écoute la douceur de ton cœur.

Voici des idées de poèmes à lire :

  • l’anthologie des poèmes cités dans cet article, plus quelques autres que j’aime beaucoup document : poèmes
  • Quelques anthologies très bien illustrées que nous avons à la maison :

art ensemble

Le mandala coopératif

Dans le hors-série Kaizen sur l’enfance joyeuse tome 2 (pour les enfants de 6 à 12 ans, que j’ai trouvé très intéressant voir ici), il est proposé de faire une activité de mandala coopératif avec ses enfants. L’auteur propose de prendre une grande feuille , de tracer une croix en reliant les angles deux à deux, de dessiner un grand cercle (avec un saladier par exemple), puis un autre d’un diamètre plus petit de 3 cms environ, puis un tout petit juste autour du centre de la croix (le nombre de cercles concentriques est libre en fait, il faut faire comme ça nous plait). Ce mandala peut se faire de 2 à 4 personnes. Chaque personne se met en face de l’un des 1/4 de cercle délimités par la croix et commence à le remplir avec des formes, des couleurs, des traits. Toutes les 2 ou 3 minutes on fait effectuer un quart de tour à la feuille, et on continue à remplir la partie que notre voisin avait commencée. Ainsi le mandala final est vraiment le produit de tous.enfants art peinture mandala apaisement méditation

Avec la lutine nous avons décidé d’utiliser les craies grasses et les gouaches en godets pour enfants. Ainsi le gras de la craie ressort sous la couleur à l’eau de la gouache (à condition quand même de bien mouiller son pinceau). On peut alors soit utiliser la craie grasse pour délimiter les zones à peindre (et même si le pinceau dépasse sur le trait de craie, sa texture grasse empêche la peinture de tenir), ou alors pour dessiner des formes et traits décoratifs dans les zones qui seront ensuite totalement recouvertes de peinture. Cela crée des effets décoratifs vraiment très réussis et sophistiqués.

art ensemble

Cette activité permet de faire de l’art ensemble, développe le sens des couleurs et des formes. Elle a aussi des vertus apaisantes, presque méditatives et permet de renouer le lien affectif en toute simplicité, en étant présent à l’autre, en créant ensemble.

famille recomposé divorce beaux-parents beaux-enfants

Le poulailler recomposé

J’avais déjà parlé il y a un peu plus de six mois des difficultés à être une belle-mère bienveillante. Une lectrice m’avait demandé de revenir faire un point au bout de quelques mois, j’ai donc pensé que ce début de printemps était une belle occasion de parler de tous nos poussins et de ce poulailler recomposé que nous sommes en train de créer.

Voici donc le fruit de mon expérience, ce sont les principes que j’essaie d’appliquer au quotidien dans notre famille. Mais n’oubliez pas que chaque famille est différente, faites ce qui vous paraît le mieux pour la situation que vous vivez. J’espère que cela pourra être utile à d’autres belles-mamans poules🙂

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  • Laissez venir les enfants à nous au lieu d’aller les chercher. C’est peut-être le point qui a été le plus flagrant pendant ces six mois. Pleine de bonne volonté, j’avais envie de faire découvrir des choses à ces enfants de mon conjoint. Or, très souvent, lorsque je propose quelque chose cela termine par un échec. Soit les enfants n’ont pas envie (« voulez vous apprendre le ski ? Oh non bof »), soit l’activité ne leur plait finalement pas (l’accrobranche a terrifié le plus âgé, qui du coup a transmis son angoisse au plus jeune et tout ceci s’est terminé sans grand plaisir). Par contre si je mène ma petite vie de mon côté, je fais mes activités devant eux, je raconte mes expériences, et bien peu à peu, ils s’intéressent et réclament de participer. C’est ainsi que tous les deux sont venus me demander de leur apprendre la couture. J’avais cousu une chaussette à Noël, le plus jeune a voulu en faire une. Puis pour Pâques j’avais fait des poules en feutrine, et cette fois ce sont les deux garçons qui ont voulu en faire une. J’étais vraiment très contente, nous avons passé un beau moment, très paisible.
  • Soutenir le père : j’en avait déjà parlé, mais cela me semble primordial. Ils sont les enfants de notre nouveau conjoint, c’est à lui de faire leur éducation lorsqu’ils sont à la maison. Je laisse donc leur père s’occuper d’eux, je le soutiens lorsqu’il vit un moment un peu difficile, j’essaie de ne pas intervenir, de ne pas venir mettre mon grain de sel, de ranger mon ego. Les pères ont parfois malheureusement l’impression de ne pas être compétents pour s’occuper de leurs enfants (image véhiculée par la société, résidu du divorce, histoire familiale personnelle… les raisons peuvent être nombreuses). Pourtant, en tout cas c’est mon expérience personnelle, les pères peuvent s’en occuper très bien, ils ont des ressources de bienveillance extraordinaire, montrons-leur que nous avons confiance en eux, en leurs capacités à s’occuper de leurs enfants.
  • Privilégier la relation des enfants avec leur père : mon conjoint reçoit ses enfants dans le cadre d’une garde traditionnelle, c’est-à-dire un week-end sur deux, la moitié des vacances scolaires. Il a heureusement la chance de les voir tous les mercredis chez leur grand-mère. Malgré tout c’est peu, très peu. Aussi il est vraiment important à mon sens que les temps où les enfants sont à la maison soient centrés sur les enfants, et leur relation avec leur père. D’ailleurs, mieux les week-ends avec les enfants se passent, plus mon compagnon est ensuite disponible pour notre couple. Il est heureux, sa relation avec ses enfants est sereine. Pour l’instant nous évitons donc d’inviter des couples d’amis que les enfants ne connaissent pas et qui n’ont pas d’enfant, cela n’aurait aucun intérêt pour eux, et leur père serait moins disponible. Nous essayons de nous organiser pour que mon compagnon puisse passer du temps avec ses enfants, et non pas qu’il fasse les courses, la cuisine ou le ménage à ces moments-là. Ou alors, il fait ces activités avec ses enfants, qui en sont fans. J’évite de le solliciter trop, je prévois des activités avec ma fille, je bosse tranquillement dans notre chambre, je m’occupe de moi-même. Si je sens que la cohabitation va être un peu difficile, je prévois des activités de mon côté, je vais voir ma famille, mes copines, comme ça mon compagnon peut vraiment se concentrer sur ses enfants à 100%.
  • Ne pas prévoir trop d’activités : comme je viens de le dire, les enfants viennent peu souvent chez nous. Ils ont donc besoin de temps pour apprivoiser la maison, on rejoint ici les principes de l’éducation lente. Les week-ends qui se passent le mieux sont souvent ceux où nous ne prévoyons rien de particulier, où ils font ce qu’ils veulent, prennent possession de la maison, du jardin, nouent des liens tranquillement avec leur père, avec la lutine ou avec moi-même. Et ça donne des moments de très grande qualité, à faire du potager, du bricolage ou de la cuisine (et la couture !). Les enfants sont sereins, et nous aussi.

La famille recomposée a donc à mon sens surtout besoin de temps, pour que chacun trouve ses repères, que chacun apprivoise les fonctionnements des autres.